LE POINT SUR LA SITUATION EN SUISSE

Choix difficile pour la Banque Nationale Suisse : Après avoir lutté pendant des mois contre les afflux de valeurs refuges, les marchés veulent savoir ce que la BNS fera de sa réserve de devises de 914 milliards de francs suisses (984 milliards de dollars) lors de sa réunion du 25 mars.

Le franc s’ést déprécié de 5 % et de 2,5 % par rapport au dollar et à l’euro respectivement depuis le début de l’année. Aucune pression n’est appliquée pour endiguer les entrées de capitaux même si le rythme a diminué.

Une partie de la faiblesse du franc peut être attribuée aux paris sur la reprise, mais elle survient à un moment où les rendements obligataires suisses sont inhabituellement supérieurs à ceux de l’Allemagne. En effet, les conditions mondiales y sont toujours incertaines et les déploiements de vaccins sont difficiles. Le fait de signaler une réduction de la taille de son bilan pourrait déclencher une hausse du franc, ce que les responsables politiques veilleraient à éviter.

La BNS devrait maintenir ses taux inchangés – 0,75 %, les plus bas du monde, et conserver sa position interventionniste.

QUOI DE NEUF POUR LE BILLET VERT?

Après une réaction plutôt discrète face à la hausse des rendements du Trésor jusqu’à présent, le dollar pourrait être réveillé de sa torpeur si les rendements se rapprochent davantage du seuil de 2 %.

La devise américaine est en hausse d’environ 2 % depuis le début de l’année, tandis que les rendements du titre de référence à 10 ans sont passés d’environ 0,90 % en début d’année à 1,75 % ces derniers jours. Des rendements plus élevés rendent généralement le dollar plus attrayant pour les investisseurs à la recherche de revenus.

Une série de ventes aux enchères du Trésor fournira des indications importantes sur la durée de la récente flambée des rendements. Le Trésor mettra aux enchères 60 milliards de dollars d’obligations à deux ans et 61 milliards de dollars d’obligations à cinq ans. Une offre de 62 milliards de dollars d’obligations à sept ans le 25 mars fait suite à l’adjudication décevante du mois dernier pour cette échéance, qui a contribué à alimenter le repli des obligations.

COURSE CONTRE LE VIRUS

L’indice flash des directeurs d’achat de la zone euro, publié mercredi, pourrait donner aux marchés une nouvelle orientation sur les perspectives économiques.

L’Europe, qui a connu un démarrage lent dans la course à la vaccination contre le COVID-19, est confrontée à de nouveaux obstacles qui risquent de ralentir davantage la reprise post-pandémique.

Bruxelles est à couteaux tirés avec AstraZeneca au sujet des approvisionnements ; un certain nombre de pays ont suspendu le vaccin à la suite de rapports faisant état de troubles sanguins inhabituels.

L’Allemagne, la France et d’autres pays vont maintenant reprendre l’utilisation du vaccin, mais cet arrêt et ce redémarrage sont un coup dur pour une campagne de vaccination, alors que de nombreux pays luttent contre une troisième vague de COVID.

La Deutsche Bank a réduit ses prévisions de croissance de la zone euro pour 2021, les ramenant de 5,6 % à 4,6 % ; Morgan Stanley prévient que l’Europe pourrait perdre une nouvelle saison touristique estivale.

LA FOLIE DE GAMESTOP VA-T-ELLE S’ARRETER?

Le chouchou des investisseurs de Reddit, GameStop, publie mardi ses résultats du quatrième trimestre et de l’ensemble de l’année. Les enjeux sont assez élevés compte tenu du gain parabolique de 1 200 % enregistré depuis la publication de ses résultats en décembre.

Selon les estimations, le détaillant américain de jeux vidéo devrait annoncer une perte pour l’exercice fiscal, la première depuis très longtemps.

Cela va-t-il décourager la foule de Reddit ?

La frénésie d’achat se poursuit, bien que les analystes aient prédit des pertes pendant des mois et qu’aucun de ceux qui couvrent le titre ne l’ait noté « acheter ».

À 200 dollars, l’action se négocie plus de six fois l’objectif de cours le plus optimiste de Wall Street et aucun analyste ne pense que l’offre de commerce électronique prévue justifierait des valorisations aussi élevées.

DANS L’ATTENTE

Après que les banques centrales des marchés émergents du Brésil, de la Turquie et de la Russie ont procédé à des hausses de taux cumulatives surprenantes de 300 points de base, l’attention se porte sur la réunion de jeudi des responsables politiques d’Afrique du Sud et du Mexique.

Les deux banques centrales devraient rester en attente alors qu’elles supportent une croissance anémique, des pressions inflationnistes et des rendements mondiaux en hausse. Le Mexique devrait bénéficier des mesures de relance américaines.

Lundi, la Chine devrait confirmer que ses banques maintiendront leur taux de référence pour les prêts, le taux préférentiel des prêts à un an (LPR), inchangé à 3,85 % pour un onzième mois, car la hausse des prix à la production, le reste de la déflation dans les prix à la consommation et la hausse des rendements obligataires à la fin de 2020 excluent la nécessité de resserrer la politique.

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