RÉUNIONS DE PRINTEMPS

Les responsables des politiques financières du monde entier se préparent à se réunir, virtuellement bien sûr, pour les réunions de printemps du Fonds Monétaire International (FMI) et de la banque mondiale. Les chefs des finances des pays du G20 se réuniront également le 7 avril.

Le FMI donnera un aperçu des cicatrices économiques laissées par la pandémie, mais il révisera également à la hausse ses prévisions de croissance pour 2021 et 2022.

Les réunions porteront sur une initiative de 650 milliards de dollars visant à renforcer et éventuellement à réaffecter la monnaie du FMI, les droits de tirage spéciaux, afin de soutenir les économies en difficulté.

L’ordre du jour prévoit également des initiatives d’allégement de la dette et des questions sur la coordination des mesures de relance. Enfin, les gouvernements et les organisations multilatérales pourraient subir des pressions pour atténuer les inégalités vaccinales entre pays riches et pays pauvres.

LES DÉGÂTS D’ARCHEGOS

La poussière retombe après l’effondrement d’Archegos Capital, mais les discussions se poursuivront sur l’effet de levier, la prise de risque et les divulgations à Wall Street.

Les actions de sociétés telles que ViacomCBS et Discovery Inc restent bien en deçà des récents sommets atteints après que le fonds Archegos, basé à New York, a subi un appel de marge, obligeant les banques à liquider leurs avoirs.

Les actions des banques exposées au fonds ont été touchées, en particulier celles de Credit Suisse et de Nomura qui ont été plus lentes que leurs rivales à sortir des positions liées à Archegos. Les actions de ces deux banques ont perdu environ 20 % depuis vendredi dernier.

Mais de nombreux prêteurs ont agi en tant que courtiers pour Archegos et l’on craint que les dépréciations collectives ne dépassent 6 milliards de dollars.

Les banques profitent de la hausse des rendements obligataires et de l’accentuation des courbes de rendement des obligations, mais la prochaine saison des résultats fera la lumière sur leur santé financière. Goldman Sachs publiera ses résultats le 14 avril, Credit Suisse le 22 avril et Nomura le 27 avril.

LE TRANSPORT MARITIME REDEMARRE 

Le porte-conteneurs Ever Given de 400 pieds, qui s’est échoué dans le canal de Suez le 23 mars a été délogé. Mais la file d’attente des navires, qui sont soit chargés soit vides, prendra quelques jours pour se dégager.

Les retombées économiques pourraient se faire remarquer durant les prochaines semaines. Des marchandises transportées d’une valeur de près de 10 milliards de dollars traversent chaque jour le canal de Suez. Les retards accentuent les pressions sur les chaînes d’approvisionnement déjà mises à rude épreuve par l’explosion de la demande d’électronique, de vêtements, d’équipements d’usine et de produits de base.

Plusieurs détaillants mondiaux ont été touchés, ainsi que les chaînes d’approvisionnement en flux tendu des constructeurs automobiles.

Si des goulets d’étranglement se forment dans d’autres ports, les taux de fret et les pénuries de conteneurs pourraient encore augmenter. L’indice Baltic dry, qui suit les taux de fret des marchandises sèches est proche de son plus haut niveau depuis 18 mois, tandis que les coûts de fret des supramax (navires d’environ 50 000 tonnes) s’approchent de leur plus haut niveau.

HAUSSE DES PRIX

Après avoir baissé pendant une grande partie de la dernière décennie, les prix à la production en Chine augmentent et cela pourrait exacerber les pressions inflationnistes mondiales qui ont mis les marchés obligataires en alerte.

La Chine doit publier l’indice des prix à la production pour le mois de mars le 9 avril. Le mois de janvier a apporté la première hausse annuelle des prix depuis un an, tandis que le mois de février a connu la hausse la plus rapide depuis 2018. Avec des fabricants submergés de commandes et confrontés à des coûts d’intrants de matières premières plus élevés, les pressions à la hausse continuent de s’accumuler.

REGARD DES INVESTISSEURS

Après une année de souffrances liées à la pandémie dans le monde entier, les entreprises sont confrontées à un examen plus approfondi de la part des investisseurs quant à leur respect des paramètres environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG).

Il faut s’attendre à en voir davantage lors des prochaines assemblées générales annuelles. Le calendrier comprend Clariant et Zurich Insurance Group le mercredi, UBS, Royal Bank of Canada et Nokia le jeudi, et Rio Tinto le vendredi.

Les dirigeants devront faire face aux avertissements des investisseurs sur la rémunération et les avantages des dirigeants, le climat, les droits des travailleurs et la diversité. BlackRock, par exemple, a demandé aux entreprises de mettre en œuvre une politique de « non-déforestation » ou de faire face à un retour de bâton lors des assemblées générales.

Certains efforts portent leurs fruits. La société minière Rio Tinto prévoit de soutenir des résolutions d’actionnaires en faveur d’objectifs d’émissions et de mesures plus strictes contre les groupes de pression qui ne suivent pas ses objectifs climatiques.

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