LE COVID INQUIETE A NOUVEAU

La COVID-19 était censée s’apaiser mais elle a fait un retour en force dans de nombreux pays comme l’Inde, le Japon ou la Thaïlande.

L’Inde était considérée comme le leader de la croissance de cette année, avec un rebond de plus de 10 %. Ces espoirs ont été anéantis par une deuxième vague de la pandémie qui a vu les infections quotidiennes atteindre le niveau le plus élevé jamais enregistré. La banque centrale a souligné les risques pour l’économie, les responsables notant que « les politiques monétaires et fiscales ont déjà utilisé la plupart de leurs ressources ».

En avril, la roupie est en baisse de 2,7 % par rapport au dollar, qui s’est lui-même affaibli ce mois-ci. Les actions indiennes ont enregistré une troisième semaine de pertes et les craintes liées aux créances douteuses s’intensifient.

L’impact se fera sentir au niveau mondial, des matières premières aux biens de consommation. L’Inde étant le troisième consommateur de pétrole au monde, les prix du brut sont sous pression. Ce qui est inquiétant, c’est que plus la crise dure, plus il y a de chances que de nouvelles mutations de virus résistants aux vaccins apparaissent.

REUNION DE LA FED

La réunion de la politique générale de la Réserve fédérale qui se termine le 28 avril pourrait aider les marchés à comprendre comment elle pourrait réagir à la reprise économique américaine et à la hausse de l’inflation après que les prix à la consommation ont connu en mars leur plus forte augmentation depuis plus de 8 ans et demi.

Le président de la Fed, Jerome Powell, prévoit une inflation « un peu plus élevée » cette année mais reste déterminé à limiter tout dépassement, selon une lettre envoyée au sénateur Rick Scott.

Les rendements à dix ans se sont stabilisés et le rebond de l’inflation à 2,6 %, bien au-dessus de l’objectif, sera probablement de courte durée. Néanmoins, les swaps montrent que les attentes du marché en matière d’inflation future sont en hausses, ce qui signifie que la volatilité du Trésor n’est peut-être pas encore terminée.

RESULTATS TRIMESTRIELS

Environ 86 % des entreprises américaines ont dépassé les prévisions de bénéfices jusqu’à présent et les prévisions globales sont de 33 % de croissance au premier trimestre. Cette semaine, Facebook, Apple, Alphabet, Amazon et Microsoft montreront comment les poids lourds de la technologie s’en sortent. Les bénéfices d’Apple devraient augmenter d’environ 32 %. 

Lundi Tesla a publié des résultats en demi-teinte avec un BPA supérieur aux attentes et un chiffre d’affaires légèrement inférieur bien que celui-ci soit en hausse de 74 % par rapport au même trimestre l’année dernière.

Leurs performances pourraient être déterminantes pour l’évolution des actions. En effet, bien qu’elles soient proches de leurs niveaux record, les actions américaines sont confrontées à une multitude d’obstacles depuis les annonces de la Maison Blanche visant à doubler l’imposition sur les plus-values pour les plus riches.

ACHTUNG!

Il est rare que les marchés s’enthousiasment pour la politique allemande. Les Verts augmentent leur chance de devenir un acteur clé du prochain gouvernement et les investisseurs prennent conscience du risque électoral dans la plus grande économie d’Europe.

Annalena Baerbock sera la première candidate verte à la chancellerie en 40 ans d’histoire du parti. Le parti a d’ailleurs dépassé le bloc conservateur dans un sondage.

Des luttes intestines et un scandale d’achat de masques ont nui à l’alliance CDU/CSU au pouvoir. Le choix du centriste Armin Laschet plutôt que le bavarois Markus Soeder comme candidat à la succession d’Angela Merkel, pourrait nuire à ses chances lors des élections de septembre.

Un futur gouvernement, incluant les Verts, pourrait envisager d’augmenter les dépenses pour des projets respectueux du climat et une poussée vers une intégration européenne plus profonde. Cela explique pourquoi les rendements des Bunds allemands sont proches de leurs plus hauts niveaux depuis sept semaines.

LES FLUX DU JAPON

Les données sur les flux du Japon, jeudi, sont un point chaud pour les marchés.

Après tout, la flambée des rendements du Trésor américain en février était en partie attribuée à l’absence d’acheteurs japonais sur le marché.

Les plus grandes compagnies d’assurance-vie japonaises ont été réticentes à accroître leurs avoirs en titres du Trésor, craignant que la hausse de l’inflation aux États-Unis ne déclenche une répétition de la chute brutale des obligations et de la volatilité des devises au premier trimestre. Certaines prévoient de vendre des obligations étrangères et d’acheter des titres en yens.

Les investisseurs japonais ont acheté pour 906 milliards de yens (8,39 milliards de dollars) d’obligations étrangères la semaine dernière, soit 47 % de moins que la semaine précédente. Un nouveau ralentissement des achats nets, sans parler d’un basculement vers des ventes nettes, a des conséquences sur les bons du Trésor.

Sur le plan national également, la Banque du Japon pourrait ne pas accueillir favorablement les projets des assureurs si les flux renforcent le yen. Lors de sa réunion des 26 et 27 avril, la BOJ a annoncé qu’elle allait abaisser sa perspective d’inflation à +0,1% contre +0,5% initialement.

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