TAUX-ZERO

Qu’on les aime ou qu’on les déteste, les taux d’intérêt négatifs reviennent sur le devant de la scène alors que les banques centrales, qui ont épuisé leurs munitions, débattent des avantages et des inconvénients de la voie peu orthodoxe déjà empruntée par la BOJ et la BCE.

La Réserve fédérale a jusqu’à présent balayé les appels du président Donald Trump à adopter des taux négatifs. Le gouverneur de la Banque d’Angleterre, Andrew Bailey, a lui aussi déclaré qu’il n’envisageait pas d’adopter des taux inférieurs à zéro. Mais les marchés estiment que ce n’est pas le cas. Pour la toute première fois, les contrats à terme des fonds fédéraux laissent penser qu’une politique de taux négatifs puisse être appliqué sur les côtes américaines. Les rendements des obligations britanniques à court terme, autrement dit « gilts » sont de nouveau inférieurs à 0 %.

La crise du coronavirus exerce une pression sur les décideurs politiques pour qu’ils fassent davantage pour soutenir la croissance. La Nouvelle-Zélande a signalé un possible passage à des taux négatifs, quelques jours seulement après que la Norvège ait réduit ses taux à 0 %. Même le patron de la BoE, Bailey, a refusé d’exclure complètement cette hypothèse.

Powell et d’autres responsables de la Fed vont s’entretenir dans les prochains jours. Bailey répondra aux questions des législateurs britanniques mercredi. Leurs commentaires seront examinés de près pour détecter tout changement de position.

DES OBJECTIFS REVUS A LA BAISSE

Avec des mois de retard et dans une ville qui sort de l’impasse, l’Assemblée populaire nationale chinoise se réunit à Pékin le 22 mai.

Pour les marchés, il est question de l’objectif de croissance annuelle et des détails de la politique budgétaire. L’année dernière, des sources ont indiqué à Reuters que l’objectif de croissance était d’environ 6 %. En mars, les estimations sur la croissance étaient tombés 5 %. Ces prévisions semblent à présent complétement utopiques. L’ampleur du déficit et la hausse de la dette nécessaire pour le combler sont également à l’ordre du jour.

Le plafond du déficit fixé à 3 % du PIB, sera probablement dépassé. Pour combler ce déficit, quelque 5 000 milliards de yuans (700 milliards de dollars) d’obligations spéciales pourraient être levés. Cela pourrait également servir de guide pour déterminer le type d’effort monétaire que la Banque populaire de Chine est en train de mettre en place.

L’incapacité de la Banque Populaire de Chine à réduire le taux directeur des banques vendredi dernier a amené certains à se demander si elle n’allait pas plutôt choisir de réduire son taux préférentiel mercredi. Mais c’est peut-être le bazooka fiscal qui est en train d’être peaufiné.

LE COMMERCE DE DÉTAIL SOUS LES FEUX DES PROJECTEURS

La saison des bénéfices du premier trimestre aux États-Unis s’achève pour l’essentiel des secteurs d’activité, notons que celui de la vente au détail est en plein essor.

Dans les jours à venir, nous allons connaitre les résultats des géants de la grande distribution américaine comme Walmart, Home Depot, Lowe’s, Target, Kohl’s et Best Buy. Leurs chiffres montreront si malgré le coronavirus les américains continuent à dépenser de l’argent.

Avec la perte de plus de 35 millions d’emplois aux États-Unis depuis la mi-mars, les perspectives de croissance sont au plus bas pour le secteur de la consommation discrétionnaire, on s’attend à une baisse de 45 % des revenus au premier trimestre. En revanche, les biens de consommation de base devraient connaître une hausse de 5,2 %, selon les données IBES de Refinitiv.

Les détaillants se placent dans l’ombre du géant des achats en ligne Amazon, qui fait partie des titres « de consommation courante » bénéficiant du confinement. Ses actions ont grimpé de quelque 28 % cette année.

LE PRIX DU BARIL DE PÉTROLE VA-T-IL A NOUVEAU PLONGER?

Mardi, le contrat à terme sur le pétrole brut West Texas Intermediate arrivera à expiration. Le mois dernier, l’expiration s’est transformée en cauchemar lorsque le brut a chuté à -40 dollars le baril et que les réservoirs de stockage étaient pleins.

Nombreux sont ceux qui s’inquiètent d’une répétition de ce scenario. La commission américaine des contrats à terme sur les matières premières a donc averti les participants au marché qu’ils devaient se préparer à une nouvelle volatilité et à des prix négatifs. Après tout, le stockage du pétrole reste tendu et la demande américaine est toujours inférieure de 23 % à la moyenne de l’année dernière.

Mais dernièrement, les prix du pétrole se sont redressés, dans l’espoir que la demande énergétique sera stimulée par un assouplissement des restrictions. Autre signe encourageant, les stocks de pétrole brut américains ont chuté au cours de la dernière semaine pour la première fois depuis janvier.

Pourtant, certains traders semblent tenir compte de l’avertissement de la CFTC. Les volumes du contrat à terme de juillet, qui expire dans un mois, dépassent de près de 50 % ceux du contrat de juin.

DES TAUX D’INTERETS LARGEMENT IMPUTES

En dehors de la Chine, il existe une foule d’autres marchés émergents qui s’empressent de réduire leurs taux d’intérêt. Après l’Indonésie mardi et la Thaïlande mercredi, la Turquie et l’Afrique du Sud suivent le mouvement jeudi et devraient toutes deux réduire à nouveau leurs taux malgré les fortes pressions subies par leurs monnaies ces derniers temps.

Les sondages des analystes prévoient que l’Afrique du Sud réduira son taux principal qui est actuellement à 4,25 % de 50 points de base supplémentaires. Les économistes soulignent que tout assouplissement de la politique monétaire doit être important s’il veut offrir une aide quelconque à l’économie qui souffre.

La réunion de la Turquie sera encore plus intéressante. La lire a plongé à des niveaux historiquement bas, les réserves de devises fortes diminuent et l’inflation est à deux chiffres, mais tout cela ne dissuadera probablement pas la banque centrale d’abaisser encore de 50 à 100 points de base son taux de prise en pension de 8,75%.

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