REEQUILIBRAGE DE L’INDICE FTSE RUSSELL

Le marché actions a connu l’une des plus fortes chutes depuis plusieurs décennies et la reconstitution du FTSE Russell le 26 juin prochain va avoir un impact sur plus de 9 000 milliards d’actifs. Le rééquilibrage une fois par an de l’indice est essentiel pour maintenir la transparence et la fiabilité de celui-ci.

Les analystes de la Bank of America prévoient de grands changements cette année, avec un plus grand penchant pour les actions technologiques à forte capitalisation boursière. Parmi les titres qui « progressent », on peut citer des noms tels que Zoom Video, Square ou Beyond Meat dont le prix a augmenté en raison du télétravail et des mesures sanitaires.

Alors que les fonds d’investissement ajustent leurs portefeuilles en fonction des nouvelles pondérations et composantes, la journée de remaniement a tendance à apporter d’énormes volumes de transactions, surtout vers la fin de la séance. En juin dernier ce sont 1,279 milliard d’actions de l’indice Nasdaq, représentant 42,59 milliards de dollars qui se sont échangées en seulement 1,14 seconde.

DISCUSSIONS DE SORTIE DE CRISE

Les économies viennent à peine de mettre fin à un confinement strict dû au coronavirus mais certains décideurs politiques font déjà allusion à une sortie de crise.

La Fed a assuré qu’elle ne s’opposerai pas à un nouvel assouplissement de sa politique contrairement à d’autres banques centrales. En effet, les commentaires de la Banque d’Angleterre, de la Banque populaire de Chine et de la Banque de Norvège en ont surpris plus d’un. Cette dernière a même annoncé son intention de relever ses taux à partir de 2022.

La Banque d’Angleterre a suggéré des signes de reprise économique pour ralentir les achats d’obligations. Le gouverneur de la Banque populaire de Chine, Yi Gang, a déclaré que les décideurs politiques devraient envisager le « retrait opportun des instruments politiques » visant à soulager l’économie car ils risqueraient de le payer plus tard. D’ailleurs, la banque centrale chinoise ne semble pas avoir réduit ses taux pour le deuxième mois consécutif.

Pour l’instant, les marchés ne sont pas encore effrayés par un renversement de stratégie des banques centrales. Mais tout peut très vite basculer si la FED en décide autrement.

SOUS QUELLE FORME SERA LA REPISE : V, U ou L?

Assisterons-nous à une reprise foudroyante en V ? un peu moins rapide en U ? ou encore beaucoup plus longue en L ? La reprise de l’activité économique au mois de juin peut déjà nous donner quelques indications.

Malgré de nouvelles infections en Chine, en Allemagne et dans certains états américains, le pire devrait être passé pour les grandes économies. L’activité industrielle chinoise a renoué avec la croissance en mai et la plupart des pays ont connu un rebond des ventes au détail et de l’industrie manufacturière. Les indices des directeurs d’achat (PMI) américains et européens ont également augmenté en mai malgré une forte contraction ces derniers mois.

Les indices PMI de juin devraient refléter une dynamique plus positive au vu des mesures d’austérité qui s’atténuent. Les récentes fluctuations du marché suggèrent que le seul indicateur économique qui compte aujourd’hui pour les investisseurs reste le nombre de cas de coronavirus.

UNE CHINE QUI MARCHE SUR LA POINTE DES PIEDS

Après avoir appuyé sur le frein, la Banque populaire de Chine ressent-elle à nouveau le besoin d’accélérer ? Le gouvernement a signalé une réduction des ratios de réserves des banques, ce qui permettrait de libérer des liquidités pour accorder de nouveaux prêts. 

La Banque populaire de Chine maintient des taux d’intérêt stables en juin pour le deuxième mois consécutif. Elle draine également de l’argent du système financier, dans le but d’orienter la relance vers l’économie réelle plutôt que vers des jeux d’arbitrage.

Le gouverneur Yi Gang a également précisé que toute mesure est temporaire et peut comporter des risques pour l’avenir. L’assouplissement des restrictions se fera progressivement et conduiront surement à des crédits plutôt qu’à de l’argent liquide.

JUSQU’A QUEL NIVEAU LES TAUX BAISSERONT?

Les banques centrales des pays émergents qui tentent de relancer l’économie autrement qu’en abaissant leurs taux d’intérêt sont rares.

Le Brésil, la Russie et l’Ukraine ont procédé à de fortes baisses, si bien que les projecteurs sont maintenant braqués sur la Turquie, l’Égypte, le Mexique, les Philippines et la Hongrie. La Hongrie, les Philippines et l’Égypte devraient laisser leurs taux inchangés, mais pourraient signaler un léger assouplissement dans le courant de l’année.

La Turquie pourrait quant à elle à nouveau réduire ses taux le 25 juin. En mai, elle a procédé à sa neuvième réduction consécutive dans le cadre d’un cycle d’assouplissement qui a débuté en juillet 2019.

Il faut également s’attendre à une baisse des taux au Mexique pour relancer l’économie étant donné la chute de 30 % de la production industrielle en avril et une inflation inférieure à l’objectif. Les taux ont été abaissé à 5,5 % le mois dernier et JPMorgan prévoit un taux de 3 % pour la fin de l’année.

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