LA FIN DES TROIS FLECHES

Shinzo Abe, premier ministre japonais et auteur de la stratégie de relance « Abenomics » a démissionné pour des raisons de santé.

Arrivé au pouvoir fin 2012, Abe a déployé ses trois flèches d’Abenomics – assouplissement monétaire à grande échelle, dépenses budgétaires et réformes structurelles – pour relancer la troisième plus grande économie du monde après des années de croissance inférieure à la normale et de baisse des prix.

L’opinion des observateurs japonais est divisée quant à son succès. Le programme de relance « bazooka » de la banque centrale a amélioré le climat des affaires et affaibli le yen, procurant aux exportateurs des bénéfices exceptionnels qui se sont répercutés sur les salaires et la création d’emplois.

Mais le pays s’enfonce également plus profondément dans la récession et Abe laisse derrière lui une pile de travaux inachevés. Les investisseurs veulent savoir qui pourrait être son successeur et ce que cela signifie pour l’héritage d’Abenomics.

EVALUATION DE LA REALITE

Les emplois non agricoles du mois d’août constitueront un test de réalité sur la dévastation provoquée par la pandémie de coronavirus sur Main Street, alors même que Wall Street atteint des niveaux records.

Les économistes interrogés par Reuters prévoient que l’économie américaine a créé 1,55 million de nouveaux emplois contre 1,76 million en juillet.

Les inscriptions hebdomadaires au chômage ont oscillé autour de 1 million la semaine dernière, ce qui suggère qu’une reprise du marché du travail pourrait ralentir alors que la crise sanitaire se prolonge, que le soutien du gouvernement se tarit et que le Congrès reste dans l’impasse sur de nouveaux stimulants potentiels.

Les données sur l’emploi sont également au centre des préoccupations après que le président de la Réserve fédérale, Jérôme Powell, a lancé une réécriture radicale de son approche, affirmant que la Fed accorderait plus de poids au renforcement des marchés du travail. Pendant ce temps, le S&P 500 a atteint des sommets records, propulsés par Amazon, Microsoft et Apple dans un rallye qui a accentué le fossé entre le marché boursier fulgurant et une économie américaine encore gravement endommagée.

PMI de la Chine

De nouvelles lectures de l’activité des usines chinoises devraient fournir un bilan de santé de la deuxième économie mondiale.

Le vaste secteur industriel revient aux niveaux observés avant que la pandémie ne paralyse d’énormes pans de l’économie au début de cette année.

La demande refoulée, les infrastructures stimulées et les exportations étonnamment résilientes ont été les principaux moteurs du rebond, mais la consommation privée est à la traîne, les consommateurs restant prudents quant aux dépenses.

Les signaux pointent dans la bonne direction. Les bénéfices industriels ont augmenté en juillet au rythme le plus rapide depuis juin 2018.

Le PMI officiel, prévu pour lundi, devrait augmenter modérément à 51,2 en août et le PMI de l’usine de Caixin de mardi devrait diminuer à 52,7 contre 52,8 en juillet.

MARCHÉS ÉMERGENTS

La publication de données sur les grands marchés émergents devrait fournir une nouvelle lecture sur la façon dont les pays en développement résistent au paysage post-pandémique.

Le PIB de la Turquie attendu lundi devrait afficher une contraction de près de 12% au deuxième trimestre, ce qui serait sa pire performance d’une année à l’autre depuis plus d’une décennie.

La livre turque a chuté à des niveaux records ces dernières semaines et l’économie, qui souffre également d’un coup dur pour le tourisme, devrait reculer pendant toute l’année.

Les données de mardi devraient montrer que l’économie brésilienne a reculé de 9,4% au deuxième trimestre, alors que le pays souffre de la deuxième pire épidémie de coronavirus après les États-Unis. L’activité économique a commencé à s’agiter après que le président Jair Bolsonaro ait lancé des dépenses budgétaires pour faire face aux conséquences du COVID-19, mais l’optimisme a été entaché par les craintes que cette approche ne fasse dérailler son programme d’austérité.

REVOLUTION VERTE

L’émetteur obligataire de référence de la zone euro, l’Allemagne, devrait vendre sa première obligation verte en septembre, peut-être dès la semaine prochaine.

La vente d’au moins 4 milliards d’euros de nouvelle dette verte marque une étape importante pour un marché qui représente moins de 4% des émissions obligataires mondiales, ce qui rend difficile pour les banques centrales et les investisseurs de constituer des portefeuilles d’obligations vertes.

Pourtant, l’offre d’obligations vertes croît rapidement et devrait bénéficier de dépenses publiques importantes à la suite du choc lié au coronavirus.

L’Allemagne est à la traîne. La France a émis sa première obligation verte en 2017, d’autres comme les Pays-Bas et la Belgique ont suivi. Pourtant, la plus grande économie d’Europe a désormais pour objectif d’émettre rapidement des obligations vertes sur toute la courbe des taux, ce qui constitue un point de référence qui pourrait encourager d’autres souverains à vendre de la dette verte. Mieux vaut tard que jamais, comme on dit.

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