LE COVID PERTURBE LES ELECTIONS ELECTORALES

Donald Trump a rejoint la liste des leaders mondiaux qui ont été victimes du coronavirus après avoir ignoré les risques, méprisé les masques et fait des apparitions publiques sans suivre les directives de distanciation. Le fait que le président américain soit testé positif quatre semaines avant les élections pourrait causer bien plus de problèmes que les récentes contaminations des dirigeants brésiliens ou britanniques.

Nous entamons la dernière ligne droite pour les campagnes présidentielles et la période de quarantaine du 45e président des Etats-Unis pourrait aider le challenger démocrate Joe Biden à consolider sa nette avance dans les sondages. La possibilité que M. Trump soit hospitalisé, que des membres du cabinet tombent malades ou que les élections soient reportées signifieraient un revers majeur pour les marchés boursiers.

La ruée vers la couverture de ces risques fait monter le prix de l’or ainsi que la volatilité des actions et des devises. En réalité, tous les paris sont ouverts, même Betfair a suspendu les paris sur le résultat des élections.

NOUVEAU PLAN POUR L’EUROPE

Les ministres européens des finances se réunissent lundi pour discuter de la mise en place d’un fonds de 750 milliards d’euros pour la lutte contre le coronavirus, ce fonds était annoncé comme un changement de cap lorsqu’il a été évoqué en début d’année. Cependant, les querelles sur les décaissements menacent de faire monter la température.

L’Allemagne propose un système de conditionnalité de l’État de droit pour les pays qui accèdent aux fonds. En juillet, l’UE a refusé de régler les détails pour éviter les vetos de la Hongrie et de la Pologne. La réunion pourrait donc bien se solder par un tollé de protestations de la part de ces deux pays.

La première vente d’obligations pour financer le programme « the SURE » en faveur des chômeurs est prévue dans quelques semaines, ce qui devrait faire de l’Union européenne l’un des plus importants emprunteurs européens. En revanche, les retards pris par le fonds sont une mauvaise nouvelle pour la reprise économique.

DES AIDES POUR LES PLUS DEMUNIS

Alors que l’économie mondiale se redresse, un fossé se creuse entre le secteur manufacturier et celui des services, ce dernier étant touché par l’augmentation des cas de Covid-19 et la fin des programmes d’urgence en matière de chômage. 

N’oublions pas que les services tels que le commerce de détail, l’hôtellerie ou les transports représentent deux tiers des emplois américains. Jusqu’à présent et contrairement à l’Europe ou au Japon, l’activité non manufacturière américaine reste en hausse comme le montre un indice de l’Institute of Supply Management.

Cela pourrait changer si une aide supplémentaire pour les chômeurs et les petites entreprises ne se concrétise pas, les revenus personnels ont déjà baissé. La Chambre des représentants a finalement approuvé un plan d’aide de 2,2 billions de dollars, mais le Sénat, contrôlé par les républicains, devrait rejeter ce plan.

DES TRANSACTIONS RECORDS

Ce fut l’été le plus chargé jamais enregistré pour les négociateurs, avec une hausse de 80 % des activités de fusion et d’acquisition au niveau mondial au troisième trimestre de l’année, pour un montant record de plus de 1 000 milliards de dollars. Mais cette poussée durera-t-elle alors que nous entrons dans la dernière ligne droite de 2020 ?

Le montant des transactions de janvier à septembre (2 200 milliards de dollars) est encore inférieur de 21 % à celui de l’année précédente, mais les banquiers affirment que les entreprises ne sont pas prêtes à rester immobiles, malgré le coronavirus et les prochaines élections américaines. Cela pourrait conduire à une refonte de secteurs entiers, par exemple le secteur financier européen après les fusions bancaires espagnoles et italiennes.

Les transactions transfrontalières pourraient également se rétablir. La Grande-Bretagne est en train de devenir une cible privilégiée pour les acheteurs américains, comme en témoigne l’opération de 40 milliards de dollars de Nvidia sur le concepteur de puces britannique Arm Holdings.

Le capital-investissement peut également contribuer à favoriser les rachats d’entreprises par emprunt, à l’instar du fonds américain KKR, qui a été un investisseur prolifique pendant la pandémie.

DES CONFLITS QUI METTENT LE FEU AUX POUDRES

Le conflit entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan est devenu une nouvelle étape dans l’impasse entre la Russie et la Turquie, déjà à couteaux tirés au sujet de la Libye et de la Syrie.

Aucun des deux pays ne peut se permettre une guerre, et pourtant ils semblent incapables d’éviter une querelle, malgré le prix du rouble russe, considéré il n’y a pas si longtemps comme une valeur refuge sur les marchés émergents et le coup porté à la lire turque déjà en difficulté.

Avec en toile de fond les élections américaines imminentes, la maladie de Trump et la sous-performance des marchés émergents cette année, les sables mouvants de la géopolitique pourraient annoncer d’autres chocs pour les investisseurs.

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