RENDEMENTS ATTRACTIFS

La hausse des rendements du Trésor américain n’a fait que secouer le marché actions, qui a atteint des niveaux records. Cela pourrait changer si les rendements « réels », corrigés de l’inflation, décollent.

C’est la chute des rendements réels de l’année dernière qui a provoqué l’afflux de liquidités dans les actions. Bien que chères, elles semblaient être une bonne affaire par rapport aux rendements réels de moins de 1 %.

Les plans de dépenses gouvernementales et les perspectives de reprise économique ont fait grimper les rendements réels du Trésor à 30 ans à des sommets sur huit mois, à seulement 11 points de base de moins de 0 %. Les rendements réels à dix ans ont atteint des sommets à cinq semaines.

Il n’y a pas d’estimation sur le moment où les rendements deviendront un problème pour les actions. Mais certains actifs ont déjà un impact : l’or, par exemple, a du mal à concurrencer les investissements porteurs de revenus lorsque les rendements augmentent et baissent de 6 % cette année.

LA NOUVELLE-ZELANDE EN AVANCE

La réunion de la Banque de réserve de Nouvelle-Zélande mercredi pourrait nous dire si le premier pays à réduire presque complètement les cas de COVID-19 sera également le premier à envisager de réduire le soutien de la politique monétaire.

Beaucoup de choses ont changé depuis la déclaration de politique générale de la RBNZ en novembre. L’économie bat les prévisions et les marchés ne fixent plus de prix négatifs.

Le gouverneur Adrian Orr va réviser à la hausse ses prévisions de croissance et d’inflation, mais il doit relever un défi en matière de communication : reconnaître les améliorations sans effrayer les marchés.

Une hausse des taux pourrait se produire dans plusieurs années, mais la perspective d’un ralentissement de la relance est dans l’esprit des investisseurs : les rendements des obligations souveraines à 10 ans ont augmenté de 50 points de base cette année.

DETTES, DÉFAUTS DE PAIEMENT, DÉBATS

L’allègement de la dette des économies à faible revenu sera l’une des priorités des responsables du G20 lors de leur réunion des 26 et 27 février.

Ils débattront à l’idée d’étendre le financement du FMI et de l’initiative permettant aux pays les plus pauvres de suspendre pendant six mois le paiement de certaines dettes, ainsi que d’un allégement plus complet. Des appels sont également lancés pour que le G20 prenne la tête d’un plan mondial de vaccination contre la COVID-19.

Ce sera la première réunion du G20 depuis l’arrivée de Joe Biden à la présidence des États-Unis. Le ton pourrait donc être très différent de celui des années d’exception, qui ont vu la rupture de nombreuses alliances mondiales. Cela pourrait constituer un changement positif à un moment où les pays s’efforcent de maintenir la reprise économique sur la bonne voie.

LA LIVRE STERLING SURPASSE!

La livre sterling est devenue la monnaie qui s’en sort le mieux depuis les plans de relance dû à la COVID-19.

Elle a franchi une étape importante en atteignant 1,40 dollar, un record de près de trois ans. Mais il y a deux mois à peine, elle était embourbée dans les risques de Brexit et connaissait le pire résultat économique de tous les grands pays industrialisés.

Depuis la mi-décembre, la livre sterling s’est renforcée d’environ 5,5 % par rapport au dollar et de 6,5 % par rapport à l’euro, alors que le programme de vaccination de la Grande-Bretagne a pris un bon départ. Les espoirs d’une fin anticipée des restrictions sanitaires ont permis d’augmenter de 2 % par rapport au dollar en février.

Certains considèrent la livre trop chère. Un sondage Reuters a prédit que l’économie américaine retrouverait ses niveaux d’avant pandémie dans un an, malgré avoir vu la Grande-Bretagne prendre deux fois plus de temps.

Il y a aussi la question de savoir si la Banque d’Angleterre pourrait appliquer des taux d’intérêt négatifs. Les marchés monétaires s’attendent à ce qu’elle le fasse, mais pas avant le second semestre de 2022.

SPAC-TACULAIRE!

Les journalistes n’arrivent pas décrire le déluge de sociétés d’acquisition à vocation spécifique (SPAC) qui ont frappé les marchés au cours de l’année écoulée.

Les SPAC sont essentiellement des sociétés à chèque en blanc qui collectent des fonds lors d’une première offre publique dans le but d’acheter une entreprise privée et de la faire entrer en bourse.

Cette année, 144 SPAC ont levé 45,7 milliards de dollars avec le soutien d’investisseurs et de célébrités selon les données de SPAC Research.

Les banques d’investissement qui gèrent les opérations prélèvent des commissions en trouvant à la SPAC une société à acquérir dans les deux ans. Cela fait craindre un manque de vigilance.

Bien qu’il s’agisse d’un phénomène essentiellement américain, les SPAC se développent également en Europe. Jean-Pierre Mustier, ancien PDG du Crédit syndical, et les magnats allemands Christian Angermayer et Klaus Hommels ont annoncé la création de SPAC.

Les lancements de SPAC sont nombreux, mais l’évolution des acquisitions réelles ou de « SPACing » montrera si la tendance se maintient.

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