DES CRISES DE COLÈRE SANS EFFILOCHAGE

Qu’est-il advenu du contrôle des coûts d’emprunt ? Tout d’un coup, les banques centrales se posent des question avec la hausse des rendements obligataires qui pourrait menacer les perspectives de reprise.

Le mois de février se termine avec les plus gros mouvements d’obligations depuis des années, malgré les échos apaisants du président de la Réserve fédérale Jerome Powell et de la présidente de la BCE Christine Lagarde.

Les rendements australiens et néo-zélandais à 10 ans ont grimpé de 70 points de base chacun, ce qui représente la plus forte hausse mensuelle des rendements en Australie depuis 2009. Les rendements américains à 10 ans devraient connaître la plus forte hausse mensuelle depuis la fin de l’année 2016.

L’attention se tourne maintenant vers ce que les banques centrales disent ou font. La Banque de réserve d’Australie se réunit mardi et des représentants de la Fed, de la BCE et de la Banque d’Angleterre doivent s’exprimer.

La RBA a tenté de défendre son objectif de 0,1 % sur les rendements à trois ans. Si les données de la zone euro de mardi montrent que l’inflation est en hausse, la pression sur la BCE augmentera également.

LA BANQUE DE RESERVE D’AUSTRALIE S’ATTAQUE AUX MARCHÉS

La déroute des obligations constitue un test pour la politique de contrôle de la courbe des rendements de la RBA lorsqu’elle se réunira mardi.

La RBA a offert d’acheter pour 3 milliards de dollars australiens (2,36 milliards de dollars) d’obligations à trois ans lors d’une opération non programmée vendredi. Mais un message plus ferme est nécessaire. La courbe des taux d’intérêt australienne à 3-10 ans est la plus raide depuis au moins trois décennies. Le dollar australien a dépassé les 0,80 $ pour la première fois en trois ans. Les contrats à terme fixent une hausse des taux pour 2021, bien que la RBA souligne qu’elle ne changera pas avant 2024. La hausse des prix des matières premières offre une raison d’être optimiste pour l’économie australienne, mais la RBA pourrait avoir besoin de contenir cet optimisme.

ROYAUME-UNI : DÉPENSES OU IMPÔTS?

Le ministre britannique des finances Rishi Sunak s’engagera à augmenter les dépenses budgétaires mercredi, mais c’est peut-être la dernière aide qu’il offre en cas de pandémie.

Sunak a prévu plus de 280 milliards de livres (397 milliards de dollars) de dépenses et de réductions d’impôts pour relancer l’économie. Il a poussé les emprunts souverains à un niveau record en temps de paix : la dette de 2,1 trillions de livres équivaut à 98 % du produit intérieur brut.

Il va donc réfléchir à des moyens de combler les trous budgétaires plutôt que de les agrandir. On s’attend à ce que le taux d’imposition des sociétés passe à 19 %.

Certains analystes s’attendent à des annonces d’augmentation de l’impôt d’ici l’automne. Morgan Stanley prévoit que le resserrement fiscal de 2 % du PIB entrera en vigueur l’année prochaine.

Les entreprises veulent que Sunak garde les lignes de vie ouvertes pendant que certains économistes l’exhortent à imiter les plans de relance américains. Sunak espère qu’une reprise post-économique se matérialisera en apportant des recettes fiscales.

L’OPEP SE REUNIT

Avec des prix du pétrole à leur plus haut niveau depuis 13 mois, la réunion des producteurs de l’OPEP+ du 4 mars devrait discuter d’un modeste assouplissement des restrictions de l’offre à partir d’avril.

L’Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses alliés, connue sous le nom d’OPEP+, a réduit sa production de 9,7 millions de barils par jour l’année dernière, la pandémie ayant ravagé la demande. En février, elle retenait encore 7,125 millions de barils par jour, soit environ 7 % de la demande mondiale.

Les sources de l’OPEP+ estiment qu’une augmentation de la production de 500 000 bpj semble possible sans entraîner de constitution de stocks, à mesure que les économies se redressent.

La Russie est désireuse d’augmenter l’offre. La réduction volontaire d’un million de bpj de l’Arabie saoudite expire également en mars, et cette offre pourrait revenir à partir d’avril.

Certaines voix de l’OPEP+ s’opposent à une augmentation de la production, invoquant de possibles revers dans la lutte contre la pandémie. Les ministres examineront les dernières données du marché avant de prendre leur décision.

PLEINS FEUX SUR L’EMPLOI

Alors que les législateurs américains évaluent le projet de loi de dépenses de 1 900 milliards de dollars du président Joe Biden, le rapport sur l’emploi de février, publié le 5 mars, nous montrera comment se porte le marché du travail.

Les dernières données hebdomadaires montrent que les nouvelles demandes d’allocations chômage ont atteint leur niveau le plus bas depuis trois mois. Cela suggère que la baisse des infections COVID-19 donne un certain élan au marché du travail. Les ventes au détail ont également rebondi en janvier.

En février, les salaires non agricoles devraient augmenter de 110 000, selon les économistes, après l’augmentation de 49 000 en janvier. Mais les tempêtes hivernales qui ont balayé le Sud en février pourraient compliquer la situation.

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