BANQUE CENTRALE EUROPEENNE

Jeudi (13 décembre) marquera la fin d’une ère pour la BCE, qui doit annoncer officiellement la fin de son plan de relance monétaire de 2’600 milliards d’euros, d’une durée de trois ans.

Pour les marchés, c’est chose faite. Ce qui compte à présent, c’est ce que va faire la BCE face à un affaiblissement de l’économie, aux tensions commerciales mondiales, au Brexit et à l’Italie. Les décideurs ont déjà proposé des idées pour soutenir l’économie à la fin de cette politique monétaire. Une suggestion concerne les prêts pluriannuels aux banques.

Ce qui semble sûr aux yeux des investisseurs, c’est que la BCE aura du mal à ramener les taux d’intérêt à zéro, en particulier si un ralentissement aux États-Unis incite la Fed à suspendre son cycle de hausse des taux. Les prix du marché monétaire suggèrent que les investisseurs s’attendent à une probabilité d’environ 75% d’une hausse des taux de la BCE en 2019. Mais cette probabilité est en baisse par rapport aux 100% estimés il y a quelques semaines.

 

TAUX D’INTERET AMERICAINS

Alors que de grandes parties de l’économie américaine ralentissaient de manière visible, le marché des titres du Trésor a réagi de manière frappante : le rendement à 10 ans est sur le point de tomber en dessous du rendement à deux ans, ce qui marquerait l’inversion de la courbe qui a précédé chaque récession au cours des 40 dernières années. Les signes de ralentissement ont persuadé les marchés de parier que la Fed ralentira le rythme de hausse des taux l’année prochaine.

Mais attendez. L’inflation est à son plus haut niveau en neuf mois, la croissance annuelle des salaires à son plus haut niveau depuis neuf ans et demi et le chômage à son plus bas niveau depuis près de cinquante ans. Ainsi, le taux d’inflation du mois de novembre, attendue pour le mercredi (12 décembre), influera sur la manière dont le président de la Fed, Jérôme Powell, tracera la voie du futur resserrement.

Il reste donc à voir comment va réagir cette courbe. Il y a des raisons de croire que cela peut s’accentuer et d’autres de croire que cela va s’inverser. Selon les données entrantes – la situation actuelle de stagflation – la vision de la Fed sur la neutralité et sur ce que devrait être sa politique dans les mois à venir est loin d’être claire.

 

BREXIT

Attachez vos ceintures pour une autre semaine effrénée en direction du Brexit, du marché de la livre sterling et autres marchés britanniques.

Au moment même où nous rédigeons cet article, le Parlement britannique est sur le point de voter mardi (11 décembre) l’accord de transition du brexit de la Première ministre, Theresa May, mais les chances d’approbation ne semblent pas bonnes.

Que se passera-t-il si… c’est bien le problème, il existe de nombreuses possibilités, chacune avec des implications très différentes.

Un refus vraiment catégorique rendrait difficile la poursuite de Theresa May. Elle a chancelé au cours des deux dernières années, prenant des coups directs sous tous les angles, mais cela pourrait finalement la faire tomber.

 

CHINA

La Chine a subi un autre coup dur économique dimanche (9 décembre) avec le retour de la déflation, un jour après avoir annoncé une croissance plus lente que prévu des exportations et des importations.

La baisse des indices de prix à la consommation et à la production est le résultat de la faiblesse de la demande des consommateurs et des investisseurs chinois ce qui reflète leur réticence à dépenser, la confiance dans la croissance future étant sapée par la guerre commerciale avec les États-Unis.

Le retour de la déflation fournit de nouvelles preuves que l’économie chinoise se heurte à 12 000 milliards de dollars, même si la Chine et les États-Unis ont convenu d’une trêve de 90 jours dans la guerre commerciale au cours de laquelle ils tenteront de résoudre leurs différends.

Les exportations du pays ont ralenti rapidement le mois dernier, même si l’excédent commercial de la Chine avec les États-Unis a atteint un niveau record.

Attendez-vous à quelques tweets de Trump.

 

LES GILETS JAUNES

Ce mouvement gagne du terrain et se révèle difficile à contenir pour les autorités. Plus de 130 000 gilets jaunes étaient dans les rues en France, aux Pays-Bas et en Belgique – et plus de 1 200 ont été arrêtés.

Les Français aiment manifester et les syndicats savent organiser les manifestations – mais aucun organe politique ne semble être en charge cette fois-ci. Néanmoins, un sondage d’opinion effectué en France a montré que 66% des personnes interrogées soutenaient ce mouvement populiste.

Alors, que veulent-ils ? Une taxe sur les carburants plus basse, des salaires plus élevés, des taxes moins élevées, de meilleures pensions, des conditions d’entrée plus faciles pour les universités, le départ de Macron – et toutes les autres questions populistes.

Macron rencontrera lundi (10 décembre) des représentants des syndicats – qui ont pris la défense de la cause – pour tenter de désamorcer la situation. Ce sera délicat, d’autant plus que les cotes d’approbation de Macron sont tombées à 23%.

Commentaires